Témoignages
24 message(s) dans le livre d'or
Cette page est destinée à recevoir les témoignages de personnes qui ont vécu un traumatisme périnatal.
Raconter son histoire peut être une démarche qui fait du bien dans un parcours difficile. C’est aussi un moyen d’aider d’autres personnes à se sentir moins seules.
Vos récits sont précieux car ils nous permettent de mieux identifier les différents types de pratiques qui peuvent générer un sentiment de traumatisme. Ils nous aident ainsi à mieux cibler nos actions.
Vous pouvez choisir de partager votre parcours avec les visiteurs du site en publiant librement votre témoignage sur cette page. Si vous préférez envoyer votre histoire à l’association uniquement, utilisez le formulaire de Contact. Vous avez aussi la possibilité de partager votre expérience avec d’autres personnes concernées lors des soirées «Rencontre-témoignages» que nous organisons régulièrement (voir les rubriques Aides et soutien et Agenda).
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- Christine Le 20/06/2017
Mars 1993. « La naissance est donc prévue pour mi-septembre n’est-ce pas ? » Pas tout à fait, vous aviez dit mi-juillet…. Il y a un problème ? « Ce sont les mesures, elles ne correspondent pas exactement mais ne vous inquiétez pas, on vérifiera cela la prochaine fois. »
Avril-Mai 1993. « Il va falloir faire quelques tests, une échographie plus complète, une ponction du liquide amniotique … » Est-ce que tout est normal ? « Les résultats des analyses sont bons, c’est une petite fille, mais il y a un retard de croissance. Continuez à travailler sans vous fatiguer trop et n’oubliez pas la kiné prénatale. »
8 Juin 1993. « Quoi ? Une rupture de la poche des eaux ? Chez la kiné ? Mais vous m’aurez vraiment tout fait Madame ! Venez tout de suite à la maternité. » Dites-moi que tout ira bien docteur ? « Il faut se dépêcher, souffrance fœtale aigüe, le cœur ralentit, il est où le pédiatre ? Et l’anesthésiste ? Je ne commence pas cette césarienne sans eux ! » J’ai mal. « Ne vous en faites pas Monsieur, avec ce que je lui ai donné votre femme va tout oublier. »
Je n’ai rien oublié, ni ma propre image dans le scialytique qui me surplombe pendant l’intervention, ni l’impression que tout m’échappe, ni le sentiment d’être coupable et d’avoir échoué là où pourtant cela semble si facile pour toutes les autres, et si naturel. Je lis dans le « Happy Baby Book » offert avec la boite rose d’échantillons publicitaires que le premier contact avec mon bébé est « indispensable à la mise en place d’une relation future harmonieuse » …je ne l’ai même pas encore vue, nous ne sommes même pas au même étage. Je ne suis vraiment pas à la hauteur. Comment va ma fille ? « Quand vous viendrez on vous dira tout. » Je pleure.
« Elle va bien chérie, ne t’en fais pas, je l’ai suivie en néonat, elle est dans sa couveuse, elle dort, elle t’attend. Je t’y emmènerai demain quand tu pourras te lever et je te la présenterai. Elle va seulement devoir grandir un peu et puis elle pourra nous rejoindre à la maison. » Et son prénom ? Nous n’avons même pas encore eu le temps de décider comment nous voulions l’appeler.
Marie, ce sera Marie, …c’est Marie, elle a vingt-trois ans.
Christine -
- S.G Le 20/06/2017
Au contrôle du 1er trimestre, tout bascule.
Trisomie 21. Notre petit.
Désorientation. Profonde.
Finalement, la décision. Terrible, déchirante… et néanmoins intimement juste.
Ce petit-là ne naîtra pas vivant.
Mais nous serons là, avec lui, tout le temps, de toute la force de notre amour.
Il me faudra l’accoucher.
Quelle violence de devoir avaler la pilule qui déclenche l’interruption de ma grossesse à la maison! Je me demande si c’est maintenant que je suis en train de le tuer ou si c’est l’accouchement qui mettra fin à sa brève existence?
J’aurais préféré être convoquée à la mat’, et sentir que la collectivité était à nos côtés dans cet épouvantable moment.
Nous voici installées dans la «petite chambre», un lieu qui a comme une allure de «punition»…
La pluie torrentielle dégouline sur notre fenêtre borgne.
Mes larmes à chaque traversée du couloir pour aller aux toilettes: derrière ces portes, d’autres rentreront chez eux avec un bébé vivant…
«On vous a demandé si vous voudrez voir votre petit: qu’en pensez-vous?»
Je ne pense qu’à une chose: je ne veux pas qu’il tombe par terre à sa «sortie». Je veux que quelqu’un soit là pour l’accueillir dans ses mains.
Il est né en tout début d’après-midi.
Une heure à peine pour contempler et choyer notre «bébé plume», délicatement enveloppé dans un tissu blanc.
Il était si joli. Et si léger. Il ne pesait pas plus qu’un moineau.
Puis on nous l’a repris. Une rencontre si courte… et si dense.
Tant de douceur… et de douleur.
S.G -
- Sandrine Chappuis Le 18/03/2017
Ma 1ère fille est née par voie basse en 2011, mais forceps... les semaines qui ont suivi ont été trés difficiles autant physiquement que mentalement. Ma 2 ème fille est née par césarienne en urgence. Malheureusement, j'étais mal endormie pour la cesarienne et je sentais tout. Heureusement, une narcose générale m'a sougée de cette douleur horrible. Je me suis sentie mutilée et laissée à moi-même par le corp médical. Malgré tout cela, j'ai réussi à avoir un 3 ème enfant ( Césarienne programmée) il y a un peu plus de 8 mois. J'ai passé pour une folle avant l'intervention tellement j'avais peur de souffrir mais tout c'est bien passé.
Mes 3 enfants sont tous en bonne santé. C'est le principal. -
- Oumnassim Le 15/03/2017
J'ai fait une dépression après mon aîné, j'ai pu m'en sortir, et sans récidive avec le 2ème. Quand j'étais dedans, j'avais l'impression que ça ne finirait jamais, je n'arrivais plus à dormir, ni à conduire... mais non, on s'en sort... Courage...
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