Témoignages

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Cette page est destinée à recevoir les témoignages de personnes qui ont vécu un traumatisme périnatal.
Raconter son histoire peut être une démarche qui fait du bien dans un parcours difficile. C’est aussi un moyen d’aider d’autres personnes à se sentir moins seules.
Vos récits sont précieux car ils nous permettent de mieux identifier les différents types de pratiques qui peuvent générer un sentiment de traumatisme. Ils nous aident ainsi à mieux cibler nos actions.
Vous pouvez choisir de partager votre parcours avec les visiteurs du site en publiant librement votre témoignage sur cette page. Si vous préférez envoyer votre histoire à l’association uniquement, utilisez le formulaire de Contact. Vous avez aussi la possibilité de partager votre expérience avec d’autres personnes concernées lors des soirées «Rencontre-témoignages» que nous organisons régulièrement (voir les rubriques Aides et soutien et Agenda).

    • Favre Le 30/10/2017
    MERCI D'UTILISER LE PSEUDONYME DE CAROLINE POUR MON TEMOIGNAGE.

    En lisant votre article parlant de votre association Re-Naissance dans « Le Matin » d’hier, l’envie de me raconter de vous raconter mes expériences en milieu m’est venue.

    Vue de l’intérieur ma vie n’a rien de banal en aucune façon. Pour faire simple je me cantonnerai aux chapitres en lien avec votre texte.

    Quelques mois après avoir commencé à fréquenter un jeune homme, devenu mon mari aujourd’hui, il m’annonça ne pouvoir me rendre heureuse dans la vie et vouloir me quitter pour cela.
    Désireuse d’en connaître les raisons je lui en demandai les détails.
    L’article médical lu dans un magasine parlant de la stérilité des hommes l’avait convaincu de ne pouvoir être apte à concevoir des enfants et par là même de ne pouvoir me combler.
    Il avait à peine un peu plus de 19 ans et moi 20 ans, nous étions très jeunes. Cette question était à mettre entre parenthèse car nous avions encore le temps de voir venir et de toute façon pour ma part nous pourrions toujours adopter si cela venait à se confirmer par la suite.
    Virilité masculine ou autres, mon ami ne voulu en aucune façon accepter l’idée de devenir un jour le père d’un enfant adopté.
    Ce n’était pas simple.
    D’un commun accord avec lui j’en parlais avec mon gynécologue. Cette inquiétude valait la peine que l’on se pose la question mais aucune interprétation n’était possible sans examen. Lorsque mon compagnon m’accompagna au rendez-vous suivant le médecin lui demanda un échantillon de sperme pour l’analyser aussitôt au microscope. Le diagnostique n’était pas très encourageant. Pour avoir des données fiables un autre spermogramme fut programmé mais par le biais d’un cabinet d’analyses médicales. Les résultats furent sans concession : stérile à 98%.
    La nouvelle fut difficile à accepter.
    Nous choisîmes de nous laisser le temps de décider plus tard des choix que nous aurions à prendre.
    De son côté, mon gynécologue avec insistance me fit comprendre que je n’avais plus aucune raison de continuer à prendre la pilule. Je l’arrêtai.
    Huit mois après je me retrouvai enceinte à notre plus grande surprise.
    De retour en couple chez le gynécologue, un nouvel examen de sperme fut fait sur place. Son résultat resta pareil.
    Si nous désirions un enfant c’était une chance unique à saisir.
    Selon le médecin je devais être très fertile pour avoir réussi à tomber enceinte. Selon lui nous pouvions avoir recours à un avortement comme nous avions encore la possibilité par la suite de nous servir du sperme d’un des frères de mon conjoint pour une insémination artificielle.
    Nous avons pris notre décision. J’ai mené à terme cette grossesse avec des craintes quant à la possibilité d’avoir un enfant atteint de problèmes.

    Comme j’avais une assurance mi-privée mon gynécologue pouvait s’occuper de l’accouchement dans un hôpital privé.
    Ma grossesse s’est déroulée sans problème. A trente-six semaines j’arrêtai toutes activités externes pour me préparer à accueillir notre enfant. Une semaine après, un dimanche après midi, je perdis les eaux chez mes beaux-parents, je me rendis à la clinique une heure après sans aucune contraction. Les contractions n’étant toujours pas là une heure après soit vers les dix-huit heures l’on me mit un goutte-à-goutte pour les provoquer. A vingt-deux heures j’étais à 5 cm de dilatation. L’infirmière appela mon gynécologue pour l’en prévenir.
    Comme c’était une première grossesse le médecin ne se précipita pas pour venir.
    Le travail s’accéléra.
    Peu avant vingt-trois heures je me retrouvai prête à accoucher mais le médecin n’était toujours pas là.
    L’infirmière en charge de moi me demanda si je pouvais me retenir parce que par deux fois précédemment ce médecin n’avait pas touché complètement ses honoraires car les accouchements avaient été faits en grande partie en son absence.
    Du mieux que je pu je me reteins. Rapidement après son arrivée le médecin pratiqua l’épisiotomie et le suivit du reste.
    A vingt-trois-heures vingt-trois notre fils naquit, son corps était blanc d’un liquide gluant. C’était un beau garçon de taille et poids moyens né en parfaite santé trois semaines avant le terme.
    Je fis une grosse hémorragie à l’accouchement. Comme certains cas de sida venaient d’être diagnostiqués suite à des transfusions de sang contaminé mon médecin me déconseilla d’avoir recours à une transfusion, il contrôla le placenta et me recousu.
    La suture fut une torture. Ma chair n’était pas bien endormie, chaque piqure d’aiguille fut insupportable. Le médecin me demanda de faire preuve de patience cela ne devait pas durer. Il utilisa une sorte de cuillère métallique pour travailler qui en plus des percées d’aiguilles ajouta de la douleur à chacun de ses déplacements sous ma peau déjà meurtrie. Il s’excusa en me disant qu’il ne lui était pas possible d’endormir plus les tissus mais que se serait rapide.
    Les jours suivant, les infirmières m’offrirent calmant sur calmant tellement j’avais de douleurs dans le ventre. C’était mon premier accouchement, je ne savais absolument pas si c’était normal ou pas. En plus, m’asseoir dans mon lit releva du défi tellement mes points de suture me rappelaient à l’ordre à chaque mouvement. Durant tout mon séjour, bouger le moins possible fut mon light motive car j’étais incapable d’en supporter plus. Pour une personne habituée à ne pas compter mes efforts physiques cela me changeait. Personne ne s’inquiéta autrement de mon état bien que dans la chambre de quatre personnes aucune des autres femmes ne resta ainsi au lit.
    Après une semaine d’hospitalisation sans amélioration de mon état, l’on m’annonça pouvoir rentrer à la maison.
    La veille de notre départ le pédiatre qui allait devenir le pédiatre de mon nouveau-né fit le contrôle de sortie. Cette rencontre me mit mal à l’aise. J’étais très jeune, j’avais vingt-deux ans et demi était inexpérimentée et mon état ne m’aidait pas à me tenir à ses côtés sereine. Son attitude surprise et gênée face à cette toute jeune mère faisant appel à ses services n’aida en rien. La visite se passa de façon complètement formelle.
    Durant les premières semaines tellement éprouvée par mes douleurs au ventre appuyées de contractions accompagnée et de rejets journalier de caillots de sang gros comme un oeuf, par celles de la suture m’handicapant en position assise, par la fatigue chronique causée à cause de mon anémie et par les repas toutes les quatre heures nuits et jours de mon enfant, je ne fus absolument pas autonome. Par chance ma mère fut là pour s’occuper de nos repas et de nos lessives. Je n’avais pas la force de sortir, les promenades furent rares. Ce retour à la maison ne ressembla en rien à l’image que je m’en étais faite suite aux lectures lues.
    Malgré mon téléphone au cabinet de mon gynécologue pour lui demander si mon état était normal, il me fut répondu que nous nous verrions au rendez-vous fixé à un mois après l’accouchement.
    Heureusement mon bébé m’emplit de joie et m’aida à surmonter mes douleurs et faiblesses.
    Après un mois je refis une grosse hémorragie à la maison un samedi après-midi. La clinique prévenue nous partîmes en catastrophe avec mon mari et notre bébé.
    Trente minutes après un jeune médecin de garde nous reçut. Une fois installée dans la salle d’examens sur la table gynécologique il me pratiqua un examen avec « le spéculum » tout en étant embarrassé. Il insista plusieurs fois sur le fait que je ne devais lui dire s’il me faisait mal.
    Tout se passa bien jusqu’à ce que mon médecin d’un certain âge arrive.
    Il se décida à son tour à me faire un contrôle mais comme mon bébé hurlait désespérément dans le couloir pour son repas retardé, il accepta que je le nourrisse avant. J’avais les seins tellement remplis de lait que mon fils en prit plein la figure et commença par s’étrangler à la première gorgée. Mon médecin éclata de rire, cette scène l’amusa. Moi pas du tout au contraire. Une fois l’allaitement terminé, il m’enfila « le spéculum » sans ménagement, je serrai les dents de douleurs. En même temps le jeune médecin à ses côtés eu une grimace en le voyant faire.
    Ensuite, je passai sur le billard pour un curetage qui révéla des traces de placenta.
    Je rentrai le lendemain.
    Toutes les douleurs disparurent rapidement dans les semaines suivantes.
    Il me fallut tout de même six mois pour récupérer mon élan.
    Suite à ma demande trois mois après l’accouchement mon gynécologue me plaça un stérilet. Il me fit à nouveau bien mal en me gratouillant l’intérieur du ventre à cette occasion. (Un avortement sur place en catimini je ne le su, nous étions seuls, je l’imaginai. Aucun des quatre autres changements de stérilet effectués au cours de ma vie par d’autres gynécologues ne me donnèrent de douleur.)
    Une fois hors de chez lui je n’y remis plus jamais les pieds.

    Lorsque notre fils eu trois ans, chez un autre médecin je me fis enlever mon stérilet. C’était une sorte de bon vieux monsieur barbu comme un père Noël. Il était juste rassurant. Huit mois après je me retrouvai à nouveau enceinte. Nous nous entendîmes pour que le jour de l’accouchement il me fasse « une narcose » pour m’aider à ne pas ressentir la douleur de la suture. Je n’en garde aucun souvenir.
    Par contre notre fille arriva un vendredi en fin d’après-midi après que j’avais à nouveau perdu les eaux à trois semaines du terme. Le scénario se répéta un peu de la même façon, les infirmières n’attendirent pas que le travail se mette en place de lui-même, d’entrée elles me placèrent un goutte-à-goutte pour provoquer les contractions. Notre deuxième enfant naquit sans complication environ quatre heures après mon arrivée. Le choix du roi : une petite fille en parfaite santé venait de rejoindre notre famille. Je n’eu aucune douleur post partum et rentrai en pleine forme à la maison.
    Deux mois après, un nouveau stérilet fut replacé.

    Cinq années avaient passé lorsque je me rendis chez une gynécologue inconnue proche de mon domicile car le deuxième médecin avait pris sa retraite. Je lui demandai de m’enlever mon stérilet. D’un ton sure en me toisant du regard elle me dit : « Ce n’est pas pour une autre grossesse, j’imagine?!! » Oui, c’est pour un autre enfant que nous désirons. Pincée, elle me répondit que je pourrai lors de l’accouchement en profiter pour me faire stériliser…
    Ne voulant pas encore changer de médecin, je restai chez cette froide praticienne austère.
    Elle réussit tout de même pendant la deuxième échographie, lorsque je lui demandai si elle pouvait nous donner des images de notre foetus/bébé déjà bien développé, à généreusement sans se presser nous imprimer un cliché. Ce fut une image du crane vu de dessus, ovale comme un œuf !

    J’avais quitté mon assurance mi-privée je me retrouverai hospitalisée en soin de base dans une chambre commune.

    Cette troisième fois seuls trois mois suffirent avant que je ne me retrouve enceinte.
    Beau cadeau des dix ans de mariage.
    Après trente-sept semaines, un samedi matin, je perdis les eaux comme je l’avais prévu. Une fois les enfants placés chez leur grand-mère nous partîmes à la maternité (se trouvant à cinq minutes en voiture de notre domicile) avec mon mari. Il était environ onze heures trente. Aucun goutte-à-goutte ne me fut mis. Le travail commença vers les quinze heures trente, j’accouchais normalement sans complication à dix-huit heures vingt.
    Une petite crise de tétanie (je m’écriai affolée que je ne sentais plus ni mes pieds ni mes mains, je crus devenir paralysée) durant « les poussées » avant la délivrance fut vite maitrisée grâce au savoir faire de l’équipe de professionnels en place. A nouveau une magnifique petite fille en bonne santé reposa dans nos bras.

    Je fus installée dans une chambre à deux lits. Une femme presque à son terme me rejoignit, elle était sous perfusion de pénicilline à grosse dose, son accouchement allait être provoqué.
    Une fois son enfant née, elle continua à recevoir le même traitement. Je ne sus pas ce qu’elle avait. Par mégarde le troisième jour je m’aperçus trop tard que je m’étais essuyée l’entrejambe après ma douche avec le linge souillé de sang de ma voisine de chambre.
    Notre cadette commença une jaunisse le deuxième jour mais les médecins ne jugèrent pas important de la mettre sous la lampe. Ils firent mieux, ils attendirent que je rentre à la maison pour me dire de passer tous les jours avec mon bébé pour lui faire un petit prélèvement de sang tout en me conseillant de la placer le plus possible dans la lumière, pas en plein soleil mais abritée sur le balcon, ainsi elle se rétablirait mieux. Cela ajouta du stress dans cette nouvelle configuration de famille et d’équilibre à retrouver.
    (Nous étions au mois de juin. Je pense que nos voisins de balcon n’apprécièrent pas vraiment d’entendre les pleurs de notre fille à côté d’eux. C’est un détail.)
    A la fin de la première semaine à la maison, je partis en urgence à l’hôpital. J’avais de la fièvre, des douleurs dans le dos. Je fus hospitalisée en gynécologie en lit stricte une semaine durant. J’avais un début de septicémie. Je me retrouvai avec pour traitement une grosse dose de pénicilline. L’on ne me dit pas pourquoi. Je demandai si ma voisine de chambre de la maternité pouvait m’avoir contaminée. Je n’obtins pas de réponse claire.
    A tour de rôle les infirmières s’occupaient de mon bébé. Mon lait ne pouvant lui être donné je dû le tirer pour ne pas arrêter la montée du lait. A notre retour à la maison mon bébé perdit du poids, elle téta mal et mon lait ne la nourrit pas suffisamment. Sans autres choix je dû me rabattre à la nourrir avec du lait industriel. Elle avait un mois.

    Mes trois accouchements se sont déroulés naturellement sans péridurale, sans forceps et sans ventouse.

    Avec du recul, j’appris que je n’aurais certainement pas fait d’hémorragie si je n’avais pas eu à me retenir à mon premier accouchement, que si le médecin avait complètement retiré mon placenta je n’aurai pas eu toutes les douleurs de rejet durant le mois suivant jusqu’à la deuxième hémorragie, mais aussi que lorsque l’on se trouve assurée en mi-privé les médecins choisis/assignés à s’occuper de nous aiment prendre le contrôle de notre corps, en prescrivant des goutte à goutte sans raison autre que de gagner du temps afin de gérer leur emploi du temps.

    Trois ans en arrière mon mari a consulté son généraliste pour un problème urinaire bénin. Lors du contrôle sont médecin ne pu retenir une exclamation de surprise. Comment était-il possible qu’il ait pu devenir le père de trois enfants ?...

    Aujourd’hui à travers mes passées cinquante années, je peux dire que beaucoup d’autres expériences vécues avec d’autres protagonistes de la branche médicale m’ont malheureusement encore amené à ne pas avoir une confiance aveugle en notre système médical qui reste sérieusement imparfait.
    • Valeiras Caroline Le 21/07/2017
    Il y a 1an, Miss Anaé pointait le bout de son nez... L'occasion pour moi de vous donner quelques nouvelles et mettre par écrit quelques souvenirs!

    Son arrivée? La sage-femme en salle d'accouchement qui me dit "comment vous la trouvez?" et moi qui répond directement "elle a les yeux bizarre!". Sans le savoir je l'avais vu ce petit chromosome en plus - en salle d'accouchement déjà!

    Puis ces examens pédiatriques successifs qui me font comprendre que "mon bébé a un problème"... sans que je sache lequel. Et finalement, le verdict: une trisomie 21. Au moment de l'annonce, Anaé était dans mes bras. Je la serrais fort et je savais que l'allais faire tout ce qui était en mon pouvoir pour l'aider. Mais en même temps, la question qui m'est venue à l'esprit est "quelle est son espérance de vie?" Non pas pour savoir combien d'année ma fille vivrait mais pour savoir quand je pourrai me "débarrasser de ce boulet". Les mots sont crus, mais c'est exactement ce qui se passait dans ma tête au moment de l'annonce!

    Et ce papa qui ne voulait pas d'un deuxième enfant?! Je me sentais tellement coupable d'avoir insisté!

    Grâce aux nombreuses séances avec les pedopsys qui m'ont certainement permis d'accélérer ce processus d'acceptation, ce mal aise s'est estompé au fil des mois. Anaé était là et je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour l'aider dans son développement et rapidement les prises en charges ont commencé et on a avancé ensemble! En dehors des difficultés d'alimentation, Anaé était un bébé très calme. Sa grande sœur - qui venait de fêter ses deux ans à l'époque - était également super gentille et patient avec nous (heureusement!). Au rdv pédiatrique du 2ème mois, je me souviens avoir dit à la pédiatre "je me concentre sur ma fille et non pas sur son 3ème chromosome 21". Le rendez-vous avec la généticienne de Genève spécialisée dans la trisomie 21 m'a également bien rassurée, notamment lorsqu'elle a dit "il y a plein de petites filles qui s'en sortent super bien".

    Alors oui, mon monde s'est quelque peu écroulé le 26 juillet 2016, mais depuis, je l'ai reconstruit et celui dans le lequel j'évolue aujourd'hui est plus enrichissant que le précédent! Je vis d'avantage dans le moment présent et je me concentre sur les progrès plutôt que sur les résultats! Et ne croyez pas que je me force en disant ça (c'est ce que je pensais lorsque je lisais les témoignages de parents d'enfants trisomiques alors qu'Anaé n'avait que quelques jours!)!

    Aujourd'hui, Anaé se porte à merveille. Elle charme tout le monde: famille, amis, sans oublier ses thérapeutes! J'ai repris mon travail à 50% en janvier dernier. Anaé va avec sa sœur chez notre Maman de jour de toujours où elle y retrouve sa petite copine Malia qui a - à quelques jours près - le même âge qu'elle. Leurs interactions sont géniales et font assurément beaucoup de bien à Miss Anaé! Chaque semaine, nous avons deux à trois prises en charge; c'est bien organisé, alors ça roule!

    En résume, je suis aujourd'hui très bien dans mes baskets et heureuse que nous n'ayons pas découvert cette trisomie avant la naissance!!
    • Carine Pittet Le 27/06/2017
    Mon histoire

    Je suis maman de 2 petits garçons et j'ai vécu un véritable cauchemar à la naissance de mon premier...
    J'ai toujours rêvé d'avoir des enfants et je suis tombée enceinte dès le premier essai mais j'étais très angoissée je vivais mal le fait de ne pas avoir de contrôle sur ce bébé qui était en moi!
    Au contrôle des 32SA alors que je me sentais enfin bien enceinte, ma gynéco me dit que je fais une pré eclampsie! Pas le temps de réagir, tout va très vite, trop vite... Direction le CHUV en hélicoptère
    Bébé naît par césarienne d'urgence après 4 jours à essayer de stabiliser ma pression prise toutes les 10 minutes!
    On me sort donc mon bébé (je n'ai pas accouché) sans me le montrer, je le verrai 18h plus tard... J'apprends à faire les soins de mon bébé, je me sens bien que lorsque je fais du peau à peau avec lui, c'est comme une drogue! Le fait d'être seule dans une chambre avec le ventre vide me déstabilise et me rend triste... j'entends dans la chambre d'à côté, une maman recevoir de la visite alors que son bébé pleure! Dans ma chambre, le silence comme s'il ne s'était rien passé...
    Je rentre à la maison sans mon bébé 1 semaine plus tard, je fais les allers-retours à l'hôpital pour m'occuper de lui tous les jours et "livrer" mon lait! Je tiens à le nourrir car je me dis que c'est le moins que je puisse faire, je tire mon lait tous les deux heures suivant un planning écrit que je me suis imposé! Ça me fatigue énormément... et dois me rassurer que je vais bien sans arrêt! Je finis par ne plus réussir à dormir! Personne (sage-femme) ne vient voir comment je vais! Je passe de l'euphorie de réussir à tout gérer a une psychose du post partum... Besoin de tout noter de peur d'oublier des choses, idées de plus en plus noires... je me sens de plus en plus perdue, angoissée et confuse! La perspective de rentrer à la maison avec bébé me terrifie... En fait je suis complètement traumatisée de ce qui m'est arrivé!
    Un jour, alors que j'allaite mon bébé, il devient bleu, il a avalé de travers. Une étudiante infirmière me prend mon bébé de peur ou de stress j'imagine, elle le remet dans la couveuse sans rien m'expliquer...Je panique, je pense lui avoir fait du mal, je demande à voir un psy parce que je me sens pas bien... je décompense à côté de mon bébé! Je raconte des choses terrifiantes qui font peur aux médecins... je perds pied. Il faut protéger mon bébé et me protéger! "On" décide de me placer de force à Nant sans prévenir ma famille, je pense à une blague... j'y passe 3 semaines... je retrouve mon bébé à l'hôpital d'Aigle où il a été transféré, on m'accueille comme une folle furieuse à surveiller alors que j'avais besoin d'être rassurée et aidée! Ils veulent voir si j'arrive à m'occuper de mon bébé en mettant seule dans une chambre avec lui alors que c'est ce que je redoute le plus! On m'explique de mille et une façon comment faire un biberon, du coup je flippe de le faire faux à chaque fois!
    Ils décident de me refaire passer par la case hôpital psychiatrique car je ne peux pas rentrer chez moi, j'ai peur de vouloir faire du mal à mon bébé... ma famille aimerait pouvoir mettre des choses en place pour m'aider à la maison mais l'hôpital n'entre pas en matière, il faut suivre le protocole!
    Donc encore 3 mois en hôpital psy, j'y touche le fond en disant vouloir mettre fin à mes jours ne voyant pas de solution à ma situation... je n'arrive plus à avoir d interactions avec mon bébé...
    On trouve enfin les bons médicaments et je remonte doucement la pente! Je retrouve mon bébé il a 5 mois et ma famille m'apprend à m'en occuper tout en douceur! Je suis suivi par un psychiatre et une pédopsychiatre pendant presque 1 année!
    Le lien avec mon bébé se recrée très vite et devient même fusionnel!
    Je garde un souvenir horrible de cette période, j'ai longtemps eu honte et j'ai énormément culpabilisé d'avoir pensé de telles horreurs! Mais j étais tellement mal!
    Aujourd'hui je vais très bien, nous avons eu un 2ème enfant en septembre, une grossesse géniale mais bien préparée et un accouchement qui s'est bien passé!
    J'ai raconté mon histoire car j'espère que mon témoignage pourra aider des parents qui vivent ou qui ont vécu qqch de similaires!
    • Christine Le 20/06/2017
    Mars 1993. « La naissance est donc prévue pour mi-septembre n’est-ce pas ? » Pas tout à fait, vous aviez dit mi-juillet…. Il y a un problème ? « Ce sont les mesures, elles ne correspondent pas exactement mais ne vous inquiétez pas, on vérifiera cela la prochaine fois. »

    Avril-Mai 1993. « Il va falloir faire quelques tests, une échographie plus complète, une ponction du liquide amniotique … » Est-ce que tout est normal ? « Les résultats des analyses sont bons, c’est une petite fille, mais il y a un retard de croissance. Continuez à travailler sans vous fatiguer trop et n’oubliez pas la kiné prénatale. »

    8 Juin 1993. « Quoi ? Une rupture de la poche des eaux ? Chez la kiné ? Mais vous m’aurez vraiment tout fait Madame ! Venez tout de suite à la maternité. » Dites-moi que tout ira bien docteur ? « Il faut se dépêcher, souffrance fœtale aigüe, le cœur ralentit, il est où le pédiatre ? Et l’anesthésiste ? Je ne commence pas cette césarienne sans eux ! » J’ai mal. « Ne vous en faites pas Monsieur, avec ce que je lui ai donné votre femme va tout oublier. »

    Je n’ai rien oublié, ni ma propre image dans le scialytique qui me surplombe pendant l’intervention, ni l’impression que tout m’échappe, ni le sentiment d’être coupable et d’avoir échoué là où pourtant cela semble si facile pour toutes les autres, et si naturel. Je lis dans le « Happy Baby Book » offert avec la boite rose d’échantillons publicitaires que le premier contact avec mon bébé est « indispensable à la mise en place d’une relation future harmonieuse » …je ne l’ai même pas encore vue, nous ne sommes même pas au même étage. Je ne suis vraiment pas à la hauteur. Comment va ma fille ? « Quand vous viendrez on vous dira tout. » Je pleure.

    « Elle va bien chérie, ne t’en fais pas, je l’ai suivie en néonat, elle est dans sa couveuse, elle dort, elle t’attend. Je t’y emmènerai demain quand tu pourras te lever et je te la présenterai. Elle va seulement devoir grandir un peu et puis elle pourra nous rejoindre à la maison. » Et son prénom ? Nous n’avons même pas encore eu le temps de décider comment nous voulions l’appeler.

    Marie, ce sera Marie, …c’est Marie, elle a vingt-trois ans.

    Christine
    • S.G Le 20/06/2017
    Au contrôle du 1er trimestre, tout bascule.
    Trisomie 21. Notre petit.
    Désorientation. Profonde.

    Finalement, la décision. Terrible, déchirante… et néanmoins intimement juste.
    Ce petit-là ne naîtra pas vivant.
    Mais nous serons là, avec lui, tout le temps, de toute la force de notre amour.
    Il me faudra l’accoucher.

    Quelle violence de devoir avaler la pilule qui déclenche l’interruption de ma grossesse à la maison! Je me demande si c’est maintenant que je suis en train de le tuer ou si c’est l’accouchement qui mettra fin à sa brève existence?
    J’aurais préféré être convoquée à la mat’, et sentir que la collectivité était à nos côtés dans cet épouvantable moment.

    Nous voici installées dans la «petite chambre», un lieu qui a comme une allure de «punition»…
    La pluie torrentielle dégouline sur notre fenêtre borgne.
    Mes larmes à chaque traversée du couloir pour aller aux toilettes: derrière ces portes, d’autres rentreront chez eux avec un bébé vivant…

    «On vous a demandé si vous voudrez voir votre petit: qu’en pensez-vous?»
    Je ne pense qu’à une chose: je ne veux pas qu’il tombe par terre à sa «sortie». Je veux que quelqu’un soit là pour l’accueillir dans ses mains.

    Il est né en tout début d’après-midi.
    Une heure à peine pour contempler et choyer notre «bébé plume», délicatement enveloppé dans un tissu blanc.
    Il était si joli. Et si léger. Il ne pesait pas plus qu’un moineau.
    Puis on nous l’a repris. Une rencontre si courte… et si dense.

    Tant de douceur… et de douleur.
    S.G
    • Sandrine Chappuis Le 18/03/2017
    Ma 1ère fille est née par voie basse en 2011, mais forceps... les semaines qui ont suivi ont été trés difficiles autant physiquement que mentalement. Ma 2 ème fille est née par césarienne en urgence. Malheureusement, j'étais mal endormie pour la cesarienne et je sentais tout. Heureusement, une narcose générale m'a sougée de cette douleur horrible. Je me suis sentie mutilée et laissée à moi-même par le corp médical. Malgré tout cela, j'ai réussi à avoir un 3 ème enfant ( Césarienne programmée) il y a un peu plus de 8 mois. J'ai passé pour une folle avant l'intervention tellement j'avais peur de souffrir mais tout c'est bien passé.
    Mes 3 enfants sont tous en bonne santé. C'est le principal.
    • Oumnassim Le 15/03/2017
    J'ai fait une dépression après mon aîné, j'ai pu m'en sortir, et sans récidive avec le 2ème. Quand j'étais dedans, j'avais l'impression que ça ne finirait jamais, je n'arrivais plus à dormir, ni à conduire... mais non, on s'en sort... Courage...

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